Du 6 au 9 mars 2025, la ville de Dori a vibré au rythme de la 20ᵉ édition des Journées du Maraîcher du Sahel (JMS) organisé par l’Union Fraternelle des Croyants de Dori. Cet évènement marquant deux décennies d’efforts ininterrompus malgré le contexte d’insécurité s’est tenu sous le thème : « Les Journées du Maraicher du Sahel, 20 ans d’efforts pour la paix et le développement Locales ». Placées sous le parrainage du Ministre d’État, Ministre de l'Agriculture des ressources animales et halieutiques, représenté par son directeur régional du Sahel, ces journées ont vu la présence des autorités administratives locales, des leaders religieux et communautaires des représentants d’associations et ONG, et des producteurs maraichers.
La cérémonie d’ouverture marquée par des prestations artistiques et des discours engagés a été présidée par Adama KOUSSOUBE, Haut-Commissaire de la province du Yagha, représentant le gouverneur de la région du Sahel. Dans son allocution, il a salué l’initiative des JMS qui sont bien plus qu’une foire agricole, mais un pilier pour une résilience collective et des efforts pour garantir la sécurité alimentaire et la stabilité de la région du Sahel. « Je salue UFC-Dori, qui consacre une tribune, un tremplin pour faire la promotion des produits du maraichage qui contribuent énormément à l’autosuffisance alimentaire et à relever le niveau économique de vie des producteurs PDIs. Certes l’organisation est réussie, mais il y a des défis, ce sont essentiellement les défis dans le domaine de recouvrer davantage de domaine pour produire encore au profit des PDIs. Un appel est lancé à tous les partenaires qui peuvent accompagner UFC-Dori à la promotion de ces journées et à trouver plus d’espace pour ces PDIs » a-t-il mentionné.
Quant à François Paul RAMDE, Coordonnateur de UFC-Dori, il a tenu à rappeler que les JMS incarnent depuis 2006 un espoir tangible pour les communautés rurales. Malgré l’accès limité aux terres agricoles, les maraîchers ont maintenu leurs activités, soutenus par des partenaires tels que MISEREOR et KZE. Cette édition a permis de dresser un bilan des réalisations passées à savoir l’amélioration des revenus, la promotion de techniques innovantes (comme la culture hors sol), et le renforcement de la cohésion sociale. « Elle est ponctuée des activités phares au service des producteurs à savoir entre autres la foire d’exposition-vente qui a été le cœur battant de l’événement, offrant aux producteurs une vitrine pour leurs récoltes et facilitant des partenariats commerciaux ; le Cadre de Concertation des Producteurs (CaCoPro) qui a permis aux producteurs d’échanger sur les innovations agricoles et sur les questions de paix et de cohésion sociale » a-t-il déclaré.
Timothée TINDANO, représentant des producteurs et PDI à Dori, affirme que le maraicher culture est un travail difficile, mais c’est un métier porteur. « Avec les efforts consentis, nous nous en sortons toujours. A titre illustratif, nous avons récolté quatre tonnes de fruits et légumes reparties entre la pomme de terre, la tomate, l’oignon, l’aubergine, la papaye, que nous avons écoulée durant ces trois jours d’expositions ». « Grâce aux JMS, nous avons appris à cultiver autrement, à vendre nos produits à de meilleurs prix et à croire en l’avenir. Même sous la menace, nous restons debout. Ces journées sont notre fierté et notre bouclier contre le désespoir » témoigne le représentant des producteurs.
Cette 20e édition s’est close autour du concours du meilleur groupement maraîcher, à l’issue duquel tous les groupements maraichers ont été récompensés pour leur résilience et leur adoption de pratiques durables, lors d’une cérémonie empreinte d’émotion.
Ces Journées du Maraicher du Sahel sont un véritable symbole de résistance malgré l’adversité, l’union des communautés et l’innovation agricole restent des leviers essentiels pour bâtir un avenir durable et un Sahel plus résilient.
Fatimata Amadou TRAORE,
Chargée de Communication






